tomber enceinte
(C) Love Matters | Rita Lino

Suis-je enceinte ?

Si tu as eu un rapport sexuel sans utiliser de moyen de contraception, tu as une chance d’être enceinte. Comment le savoir ? Et que faire en cas de grossesse ?

Les questions à se poser 

  • Ai-je eu un rapport sexuel sans utiliser aucune contraception ? 

  • Le préservatif s’est-il déchiré ?  

  • Je suis sous pilule contraceptive : ai-je oublié de la prendre ? 

  • Je suis sous pilule contraceptive : ai-je pris des antibiotiques ? 

  • Je suis sous pilule contraceptive : ai-je vomi, ou eu la diarrhée dans les heures suivant la prise ? 

Si tu as eu un rapport sexuel et que tu as répondu « oui » à une de ces questions, il existe une chance que tu sois enceinte.  

Tu as eu un rapport sexuel non protégé et tu as peur d’être enceinte ? Consulte plus d’informations sur la contraception d’urgence, ou pilule du lendemain.  

Si tu veux avoir un enfant : attends donc de voir si tu as de la chance ! Tu peux acheter un test de grossesse en pharmacie ou parapharmacie.   

Je suis enceinte... et maintenant ? 

Si tu essayais de tomber enceinte, félicitations ! Dirige-toi vers notre section sur la grossesse pour trouver des informations précises sur l’expérience qui t’attend.  

Mais pour beaucoup, la grossesse peut arriver par surprise. Malheureusement, on a vite fait d’oublier la capote dans le feu de l’action. Et même si tu utilises parfaitement une ou plusieurs méthodes de contraception, ça ne fonctionne pas toujours.  

Dans tous les cas, si tu es tombée enceinte par accident, tu dois maintenant décider quoi faire.  

Il y a trois options : 

  • tu peux garder le bébé ; 

  • tu peux donner naissance au bébé et le confier à l’adoption, ou à une personne de ta famille ; 

  • ou tu peux interrompre la grossesse (avortement). 

Quoi que tu décides, tu dois réfléchir attentivement aux prochaines étapes. Parle à une personne de confiance, qui peut te conseiller et te soutenir. Consulte de préférence une personne adulte comme ta mère, une tante, ton partenaire ou ton médecin : quelqu’un qui ne te jugera pas sur ton choix final. Au bout du compte, c’est à toi de prendre la décision.  

Il vaut toujours mieux discuter de ce que tu veux faire avec quelqu’un en qui tu as confiance. Plus tu es sûre de ta décision, mieux tu te sentiras après. Assure-toi d’être celle qui prendra la décision finale, et ne fais aucun compromis par rapport à ça ! Ne laisse personne te convaincre d'une option qui ne te convient pas pleinement.  

  • Je garde l’enfant 

Tu peux décider de garder le bébé. Tu dois donc penser à l’avenir : que dois-tu prévoir pour être sûre de pouvoir t’occuper d’un nourrisson à charge ? as-tu préparé un plan ? Peux-tu compter sur du soutien, par exemple de la part du père de l’enfant ou de ta famille ? Quelles sont les conséquences à court, moyen et long terme sur ta vie et sur tes projets ? Et tes études, ta carrière ? Auras-tu assez de ressources pour vivre ? Qui t’aidera ? Le père de l’enfant, ta famille ? Si tu as une ou un partenaire, quel est son avis sur ta grossesse ? Combien d’enfants as-tu déjà ? Un de plus, est-ce raisonnable pour ta santé ? Es-tu en forme ? Et le fœtus ?    

Et surtout, la question la plus importante : est-ce que tu désires cet enfant ? 

  • Je confie l’enfant à l’adoption 

Tu peux aussi faire adopter le bébé. Là encore, tu dois réfléchir avec soin et évaluer toutes les options. Si tu fais ce choix, comment vas-tu faire pour trouver les personnes qui voudront élever l’enfant ?  

Autrefois pour un accompagnement tu pouvais contacter une agence d’adoption et faire adopter ton enfant de manière sûre et légale par l’intermédiaire de l’Etat. Mais actuellement le processus est devenu plus centralisé et laborieux, car seul le juge prononce l’adoption. 

A défaut d’une agence d’adoption  ̶  inexistantes actuellement, tu auras peut-être besoin d’un avocat pour t’aider à constituer un dossier solide et t’orienter dans les démarches administratives. Voici un lien vers un document avec un nécessaire d’informations sur l’adoption en République Démocratique du Congo : https://www.legavox.fr/blog/avocat-kalenga-associes/procedure-adotion-republique-democratique-congo-20219.pdf  

Tu es mineure ? Tes options sont alors peut-être limitées. Si tu es très jeune et tu vis avec ta famille, il vaut mieux être honnête avec tes parents. Ils voudront peut-être t’aider à élever l’enfant, ou bien, si ce n’est pas possible, à prendre une décision. Si c’est difficile de leur dire que tu es enceinte, un autre membre ou ami·e de la famille pourrait t’aider à annoncer la nouvelle.  

Tu ne dois en aucun cas abandonner un enfant. Non seulement c’est illégal, mais il vaut toujours mieux laisser le bébé dans un orphelinat ou une église pour qu’on s’en occupe.  

  • J’interromps la grossesse (avortement) 

La troisième option est celle de demander l’avortement. Une option qui n’en est pas vraiment une au Congo- Kinshasa. 

En fait, le code pénal Congolais (art 165 et 166) reconnait l’avortement comme étant une infraction. Donc tu risques une peine de prison allant de cinq à dix ans si tu te fais avorter au Congo. La pratique médicale par contre dans son fonctionnement (déontologie médicale) présente quelques exceptions à la règle. Il s’agit de l’« avortement thérapeutique »  qui n’intervient que lorsque la vie de la mère est gravement menacée par la grossesse et que l’avortement parait le seul moyen de la sauver.  

Toutefois, depuis le 18 Mars dernier, quelques avancées sont observées en ce domaine.  Il faut dire que grâce à la charte de Maputo, on peut désormais compter d’autres situations  où l’avortement est autorisé. Désormais tu peux par exemple te faire avorter : si ta grossesse est issue d’un viol ou d’un cas d’inceste, si ta grossesse met en danger ta santé mentale et physique, ou encore lorsqu’elle met ta vie ou celle du fœtus en danger. En dehors de ces cas, l’avortement est dit «criminel ». 

Le choix d’avorter n’est pas facile à faire, tout comme les deux autres. Tu auras peut-être besoin de temps pour y réfléchir. Mais ne laisse personne décider à ta place. Cette grossesse te concerne toi et ton corps. Tu dois donc prendre une décision par toi-même. 

Consulte plus d’informations sur les différents types d’avortement.   

  • Je prends ma décision 

Il n’y a pas de « bon » ou « mauvais » choix parmi ces trois options. Tu dois prendre la décision qui te convient. Si c’est vraiment difficile, essaye de discuter de tout ça avec une personne de confiance.  

 

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