couple marié, tenues traditonnelles
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la dot en RDC: entre pratique coutumière et commerce

La dot est un passage obligé avant la célébration du mariage en R.D. du Congo. Censée être un geste symbolique d’engagement, la dot perd de plus en plus son vrai sens et empêche les amoureux de s’unir par les liens sacrés du mariage. Que dit la loi et que faire pour redresser les choses ?

Payer la dot, un défi pour les jeunes congolais

A l’époque de nos pères, la dot n’était qu’un simple geste traditionnel entre les familles de deux amoureux ; C’est ce qui donnait au mariage tout son sens. Nos parents d'ailleurs, se sont mariés avec comme dot des objets symboliques traditionnels en accord avec la coutume et la tradition. Mais aujourd’hui, évaluée en billet de banque, la dot est devenue une corvée pour le futur mari. Puisqu'en dehors de la somme d’argent, on retrouve également une liste de bien matériel que le futur marié doit remettre à la famille de son amoureuse, ce qui a le don de faire prolonger la période des fiançailles .

Sous d’autres cieux, la dot n’existe pas. Le mariage n’est rien d’autre que l’engagement de deux personnes qui s’aiment et qui désirent vivre ensemble et fonder une famille ; les familles des époux ne viennent que pour assister les deux amoureux, célébrer et partager leur joie. Mais en Afrique, particulièrement chez moi en RDC, certains jeunes tardent à se marier non pas par manque d’amour, mais par manque de moyens pour la dot. Sans négliger les réalités des coutumes,l'époux est contraint de donner la totalité de la dot demandée; De peur d'être maudit ou d'avoir des problèmes de procréation par la suite. En fait tout est réuni pour augmenter le stress pour les futurs mariés.

La dot selon la loi congolaise

 Au regard du code de la famille, le versement de la dot est la condition sine qua pour conclure le mariage. Selon l’article 361 de ce dit code, il n’y a pas formation du mariage sans remise de dot auprès de la famille de la future mariée. Elle constitue donc une preuve de l’accord des deux familles. C’est en fait la dot qui différencie le mariage de l’union libre, communément appelé « Yaka to fanda » qui lui désigne la cohabitation libre des concubins. L’article 362 de son coté, dit que la responsabilité de la fixation du montant de la dot revient aux différentes coutumes applicables au mariage. Voilà pourquoi certaines familles en profitent pour placer haut le montant de la dot.

Le fait que l’Etat ait donné à la famille de l’épouse le pouvoir de fixer la dot, est source de problèmes dans presque tous les mariages aujourd’hui.  Etant qu’une institution étatique, l’Etat congolais ne devrait pas rester un simple spectateur dans l’accomplissement du mariage. A mon avis,  l’Etat congolais doit mettre fin à cette triste réalité autour de la dot, en uniformisant le montant de la dot sur toute l’étendue de la République ; Et ce, pour toutes les tribus. Mais par contre le fiancé dans son bon vouloir devra décider ou pas d’aller au-delà du montant fixé. Il faut savoir que la femme n’est pas un produit en vente mais une personne humaine, au même titre que l’homme. Suite à ces abus constatés, Certains maris trouvent le prétexte pour traiter leurs femmes en propriétés privées,voire même en esclaves; Puisqu’ils ont payé très chère la dot.

Pour empêcher ces genres d’abus, je demanderais aux familles, de comprendre que le mariage n’est pas une occasion d'enrichir la famille de la future mariée mais c’est d’abord le désir de deux amoureux de vivre ensemble et de fonder une famille.

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Comments
Joyce Ndaya
lun, 04/15/2019 - 06:01 pm
Je suis d'accord avec vous. Cependant, je suis assez perplexe quant à la solution que vous proposer. En effet, uniformiser la dot me paraît être une sage décision. Cependant, flexibiliser cette mesure en rendant possible un dépassement du montant uniformisé sur base du bon vouloir risque, à mon avis, de créer une exception nuisible qui à terme deviendrait la norme car les familles en feront de l'excédent un sujet de fierté et de supériorité bon à être crié sur tous les toits, ce qui ça et là créera des précédents qui pénaliseront les futurs mariés des alentours dont la valeur du mariage sera mesurée non plus en fonction de la dot mais plutôt en fonction de son excédent. La société m'as-tu-vuste dans laquelle nous vivons ne raterait certainement une si belle occasion pour mettre en rélief de plus belle, les différences entre les classes sociales aisées et démunies. L'on risquerait même à terme, de voir les familles des mariées fixer les excédents de la dot et faire de leur acquittement dans leur totalité par le futur époux, la condition sine qua non pour convoler en justes noces. Je propose donc que l'on se borne à fixer une dot universelle uniformisée après consultation avec les différents représentants légitimes de nos coutumes. Bien à vous.
Gedeonbwasumu,
ven, 07/12/2019 - 04:32 pm
Vs avez totalement raison.l'etat mettre un montant pour permettre a tout le monde de s'engager. Ça faut la honte je vs dis quand deux familles se dispute juste pour les biens ou montant. suis contre et si l'etat n'intervient tjr pas. mes soeurs et mes enfants ne seront pas des marchandises.
ngongo john
sam, 07/13/2019 - 06:05 am
Merci pour cet article ça m'a plut beaucoup, Tu as tout dit.c'est pourquoi je donne raison à nos dirigeants religieux de notre église selon eux cette pratique de demander la dot doit tout simplement être arrêté. Il n'y a pas a négocié ou quoi que ce soit parce que la femme n'est pas une marchandise.
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