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La dot exorbitante en RDC : des jeunes pour une réglementation ou un retour aux traditions

Qui pour expliquer les appétits gloutons de certains parents en République démocratique du Congo quand ils marient leurs filles ? Se marier est devenu, pour le jeune homme Congolais, un véritable combat de gladiateur. Les pauvres sont obligés de suer eau et sang pour avoir le droit de se marier avec celle qu’ils aiment.

Chaque famille fixe sa dot, en dollars américains, comme elle l’entend, et légalement personne n’y peut rien. Nous avons posé la question aux internautes, et tous sont unanimes : soit le pouvoir public règlemente la question, soit on revient aux vrais prescrits de la coutume en RDC.

De nos jours, les belles familles n’hésitent pas à exiger à leur gendre une longue liste de biens matériels reprenant des gadgets comme un home cinéma, des écrans plasma ou encore des ordinateurs en guise de dot. Pourtant, selon la coutume, d’où est puisée la dot, l’homme n’amenait à sa belle-famille que des objets essentiellement traditionnels comme une chèvre, de l’huile de palme, du sel ou encore des noix de cola. Et c’est à titre symbolique. Mais d’où vient cette envie de vouloir les outils derniers cri ? Il faut que ça cesse.

Une insulte à nos ancêtres

«L’esprit de nos ancêtres a disparu en matière de dot. Celle-ci n’aurait jamais dû se négocier en termes de millions de francs congolais. », S’exclame un jeune sur internet. Et il a raison. Car ce coût élevé a poussé plus d’un à prendre l’option « Yaka tofanda », viens et emménageons ensemble, en lingala. Un phénomène qui consiste à mettre enceinte une fille pour ainsi pousser sa famille à l’abandonner sans aucun forme de procès auprès de l’auteur de la grossesse sans rien exiger, le plus souvent.

Fixer un montant maximum ou revenir à la coutume

Révoltés par ledit phénomène s’enracine dans la société, certains jeunes estiment que l’article 362 du code de la famille, qui reconnait à la belle-famille la discrétion de fixer le montant de sa dot, doit être revisité : «  Je crois, écrit Ariel (nom d’emprunt), que l’Etat doit spécialement fixer un montant pour la dot en ne laissant aux familles que le loisir de demander des biens matériels mais conformément à la coutume. »

 

Et un autre ajoute : « La dot étant l’un des rares actes pendant lesquels, le congolais se sent rattaché à sa culture, il vaut mieux s’inspirer à nouveau de la tradition pour en définir les contours ». Et cela aura pour mérite d’atténuer le phénomène « yaka tofanda », conclut-il.

Le problème serait aussi le chômage

Si beaucoup sont d’accord sur la fixation d’un montant maximal à ne pas dépasser, certains pensent encore que plus la dot est élevée, plus on honore la fille qu’on épouse. C’est un peu donc une preuve de considération et de quel sacrifice on est prêt à faire pour sa dulcinée.

Mais même dans cette lecture, les moins nantis font quoi alors ? Eux ils n’aiment donc pas leurs fiancées ? Un jeune commente et dit que le nœud du problème serait le chômage. Mais pas que !

Personnellement, je crois qu’il faudrait penser aussi à la négociation entre les deux familles. Le peuple congolais est connu pour ses capacités de dialogue. Mais aussi que la fiancée pourrait intervenir quelques fois en faveur de son futur époux !

Mais même parlant du simple bon sens : en tant que parent, préférez-vous une dot colossale qui mettrait le foyer de votre fille en difficultés financières après le mariage, ou plutôt une dot symbolique qui épargne les économies des nouveaux mariés ?

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