Lucie
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Je suis tombée enceinte à 14 ans parce qu’il n’avait pas voulu utiliser le préservatif

Pleine d’énergie et ambitieuse, Lucie est une jeune fille de Goma. Au nom de l’amour, Lucie a vécu des moments durs qu’elle tient à te raconter dans ce petit billet. Amour Afrique Congo l’a rencontré, elle raconte ce qu’a été sa vie depuis ses 14 ans à aujourd’hui. Comment Lucie s’est-elle retrouvée enceinte aussi jeune?

Nous étions camarades de classe et cela ne constituait en rien un blocage pour notre « amour ». Il vivait avec sa famille biologique pendant que moi j’étais en famille d’accueil. Lui, c’est mon petit ami de l’époque. Richard est son nom.

Au début tout allait si bien entre nous.

Un matin, alors qu’on préparait la session des examens, nous n’avions pas cours. Richard m’invite chez lui, ses parents sont en déplacement et ses frères à la fac, me laisse-t-il entendre. Nous ne sommes donc qu’à deux dans une pièce de leur maison. C’est pour nous le moment de prouver ce qu’on ressentait l’un pour l’autre.

Comme tout amoureux, Il m’embrasse tendrement. Emportée par ses baisers, je me suis laissé aller. Richard et moi avions déjà eu chacun son premier rapport sexuel avec d’autres partenaires. Donc, pas de souci de ce côté-là! Moi, je n’étais plus vierge mais pas non plus expérimentée.

Malgré l’excitation, j’exige un rapport sexuel protégé de peur que je ne tombe enceinte. Malheureusement, il ne veut pas en entendre parler. D’abord parce qu’il pensait que la jouissance avec préservatif ne serait pas la même que celle sans préservatif, en suite par qu’il estimait que je n’avais pas confiance en lui et que la seule façon de prouver cette confiance serait un rapport sexuel corps à corps.

Il avait promis de me pénétrer avec douceur et c’était le cas. Le rapport sexuel s’est donc bien passé. Nous nous sommes « envolés en l’air », j’ai gémi, sué, gesticulé…bref, j’ai fait vraiment de l’amour. C’était sans compter sur ce qui nous attendait 4 semaines plus tard. 

« Je suis en retard, je ne vois pas clair… »

4 semaines plus tard, j’ai encaissé un retard dans mon cycle menstruel, j’attendais impatiemment mes règles et je n’en avais pas eu. 1 semaine de plus, deux puis 3 encore, ma tante ne tardera pas à le découvrir.

Ma curieuse de tante finit par découvrir que j’étais enceinte. Elle convoque les membres de ma famille y compris ma pauvre mère qui vivait au village. La famille décide de m’amener chez Richard que j’avais reconnu et cité comme auteur de la grossesse que je portais déjà. C’est le début d’une autre histoire.

Sa famille refuse de me prendre en charge, estimant que leur fils est tout aussi mineur et qu’il ne pouvait pas permettre lui de vivre avec une femme, encore moins sous leur toit. Chaque famille était censée prendre soin de son enfant avant la naissance du bébé.

J’ai donc été obligée d’abandonner mes études car mon école ne supportait pas la présence des filles grosses et mères. J’étais un « mauvais exemple pour les autres élèves », disait-on à l’école. Quant à Richard, un simple changement d’école a suffi pour tout balayer.

Quelques années plus tard, j’ai rencontré des organisations féminines de la ville qui m’ont permises de poursuivre mes études dans une école de récupération.  Aujourd’hui, j’ai un diplôme d’État et un fils que j’aime. Je compte aussi faire des études universitaires…

Il aurait fallu pour moi d’utiliser un préservatif un jour pour que cette partie de ma vie ne s’écrive pas à l’ancre de mes larmes… Hélas!

 

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