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« Virilité » : les hommes pleurent-il quand ils éjaculent ?

Dans nos milieux, il y a des choses qui définissent un homme viril. Et parmi elles : l’homme ne pleure pas ! Peu importe la situation, on attend de l’homme qu’il soit fort et qu’il ne cède pas à la petite faiblesse en versant des larmes. Mais qu’en est-il quand il jouit ? L’homme devrait-il donc retenir aussi cette explosion de plaisir pour paraître « viril » ? Qu’en pensent certains Congolais ?

L’orgasme masculin coïncide très souvent avec son éjaculation. Chacun a sa manière de gérer les râles de jouissance qui s’en suivent. Mais on est d’accord sur un point : le désir est tellement intense qu’il ne veut plus rester dans le corps. Il est si puissant qu’il exige d’être extériorisé. Mais même à cet instant où l’on ne contrôle plus rien, où le plaisir nous submerge et nous enveloppe, l’homme a une ultime pensée pour sa virilité et donc essaie de contrôler les sons qui vont s’en suivre. Dans la mentalité congolaise, l’homme viril ne pleure pas ! Mais est-ce le cas pour tous ?

Chérie ne sont pas des larmes, c’est de la sueur !

Rachid (nom d’emprunt) est enseignant à l’école secondaire, il se souvient qu’un jour le plaisir était si intense qu’il ne put se retenir de pleurer. Et sa femme crut le remarquer. « Un jour ma femme m’a demandé pourquoi je pleurais. J’ai répondu que c’était que de la sueur car le travail a pris longtemps.  C’est difficile d’admettre que l’on pleure. », raconte l’enseignant.

« Crier est une faiblesse, réagit avec vigueur George, un motard. Quel que soit le plaisir, je dois montrer à la femme que c’est moi l’homme. Je lui donne du plaisir. C’est à elle de pleurer jusqu’à mourir de plaisir, pas moi ! »

Mais il y a aussi une autre chose qui fait que les hommes se retiennent. S’ils veulent que leurs partenaires les connaissent virils, ils veulent que tout l’entourage aussi. Les râles de jouissances s’ils sont entendus par le voisin, ils trahiront d’abord vos ébats, mais aussi le voisin dira que l’homme qui pleurait là n’est pas viril ! Donc double motivation de garder le contrôle de ses cris quand l’on atteint le septième ciel.

C’est ce qu’explique Jack, ce jeune étudiant de Beni : « Il est hors de question qu’on se laisser aller aux râles. On fait le moins de bruits possibles pour ne pas être surpris. »  Il explique que les maisons sont peu discrètes et qu’en se laissant aller on pourrait laisser le voisin tout savoir.

Mais une dose de culpabilité quand on ne crie pas de plaisir

Pousser des cris de jouissance c’est pourtant une preuve que le rapport sexuel a été satisfaisant. Fiacre (pseudo), agent de gardiennage dit qu’il s’en veut quand il n’a pas poussé de cris : « J’aimerais qu’il y ait toujours un cri, aussi petit soit-il. Moi, quand je ne crie fort, je finis par me sentir coupable d’avoir trop vite éjaculé. », il évoque le fait que les femmes ne sont pas souvent satisfaites quand l’homme éjacule tôt.

Crier comme preuve d’une bonne partie de jambes en l’air donc ? En tout cas c’est aussi cela que pense Patient (pseudo), un commerçant que nous avons rencontré dans sa boutique. Lui ne se retient même pas : « C’est un cri involontaire qui me surprend et donc que je ne peux contrôler. Je sens comme si un courant électrique qui traverse tout mon corps et le cri sort de soi. Je ne me contrôle pas, je ne peux non plus le contrôler. »  

Il finit par : « C’est la preuve que j’ai fait une bonne partie de sexe, une relation satisfaisante quoi ! »

Et vous, comment gérez-vous vos râles de jouissance ? Pensez-vous que pleurer de plaisir est une faiblesse et un signe de manque de virilité ? Témoignez en commentaire.

 

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