préservatifs non utilisés
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Coronavirus : une pénurie de préservatifs causerait des morts collatérales en RDC !

Début avril, l’Organisation des nations-unies s’inquiétait d’une possible pénurie de préservatifs dans le monde. La Covid-19 ayant poussé des gouvernements à imposer des confinements des populations et donc des usines qui tournent au ralenti. Les producteurs des capotes ont aussi vu leurs activités arrêtées ou ralenties. C’est de là qu’est venue l’alerte de l’ONU.

Mais quelles seraient les conséquences d’une rupture de stock des préservatifs en RDC ? Entre avortements clandestins pour cause de grossesses non désirées, et un rebond de cas de VIH ou Sida, cette rupture pourrait coûter des vies. Et pire, cela pourrait relancer l’épidémie d’Ebola ! Je vous explique pourquoi :

Les guéris de Ebola peuvent contaminer si sexe sans préservatifs

Un patient guéri d’Ebola peut garder le virus dans son sperme pendant encore plusieurs mois, jusqu’à deux ans en tout cas. C’est pour cela qu’il y a un programme post-épidémie. Les hommes restent des porteurs sains, mais il suffit d’une relation sexuelle non protégée pour que la femme soit contaminée. Pendant deux ans, un homme guéri doit utiliser un préservatif pour toutes ses relations sexuelles. Le taux de mortalité pour Ebola c’est plus de 60%, et sa contagion est encore importante. Alors, pas besoin d’être un expert pour craindre le pire, s’il arrivait qu’on n’ait plus de condoms.

Avant Covid-19, une grossesse sur 2 était non désirée à Kinshasa

Selon le ministère de la santé, dans la capitale congolaise, 50% des grossesses sont non désirées. Cela veut dire qu’elles n’ont pas été planifiées par les partenaires sexuels. Et selon toujours ce ministère, le tiers de ces grossesses seront des avortements clandestins.

Toujours dans la capitale, on dénombre entre 150 et 300 milles IVG clandestines par an.

Ces chiffres sont alarmants, d’autant que la réalité est presque pareille sur toute l’étendue nationale.

Pire, les avortements clandestins sont la troisième cause de mortalité maternelle en République démocratique du Congo.

Maintenant, si ces chiffres étaient si alarmants en 2018 et 2019, alors qu’il n’y avait aucune rupture de stock des préservatifs, quels seraient-ils alors avec un manque mondial de condoms ? Quels seront ces chiffres avec le confinement et l’état d’urgence sanitaire qui rend plus disponibles les partenaires sexuels ? Il est évident qu’il y aurait plus de grossesses non désirées et ainsi plus d’avortements clandestins. Or, pour sauver la vie des jeunes femmes ou filles qui ont eu recours à ces IVG non protégées, elles sont prises en charge dans des meilleures structure de santé. Pendant cette pandémie, les hôpitaux pourraient être ainsi saturés par les patients atteint du coronavirus et il y aurait réduction de prise en charge pour les autres patients. Mais il y a pire, les approvisionnements sont aussi perturbés. S’il arrivait que les abortifs manquent en pharmacie (où les filles vont se les approprier), le recours aux méthodes traditionnelles augmenterait. Or ces méthodes sont encore plus dangereuses. Des vies sont en danger !

Avant Coronavirus, 450 000 personnes vivaient avec le VIH en RDC

Les dix dernières années, le pays a eu une très bonne évolution en matière de prise en charge des personnes vivant avec le VIH / Sida. En 2010 par exemple, il y avait eu plus de trente quatre mille décès liés aux conséquences du sida. Mais ce chiffre a chuté l’an dernier. En 2018, seules 13 000 personnes ont perdu la vie. Malheureusement le nombre est de 17 000 en 2019, comme si cette courbe remontait. Mais le manque de préservatifs pourrait faire crainte le pire.

L’an dernier, il y a eu près de 20 000 nouvelles contaminations. Il est à craindre que ce chiffre soit plus important avec une absence des capotes.

Le gouvernement congolais devrait prendre des mesures par avance pour éviter que la Covid-19 ne prenne plus de vies au Congo par ses conséquences secondaires plutôt qu’avec le virus lui-même.

 

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