etudiante triste
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#UnivSansHarcelement : points sexuellement transmissible, le cauchemar des étudiantes

Pensez-vous que seules les infections sont sexuellement transmissibles ? Et bien, loin de la biologie, dans certaines universités Congolaises les points le sont aussi. Et c’est le pire cauchemar pour les jeunes étudiantes. Sollicitée sexuellement par son enseignant, celui-ci lui promet de réussir à son cours sans effort si elle lui cède son corps. Et derrière cette sollicitation se cache souvent une réelle menace : ne pas le faire t’expose à l’échec !

Depuis le temps qu’on lance des campagnes pour encourager les filles à étudier afin qu’elles aient les mêmes chances que les garçons dans leur vie professionnelle, c’est dommage que des pervers enseignant s’érigent en barrage entre elles et leurs rêves. La fille passe par la maternelle, le primaire, le secondaire et atterrit à l’université. Et là elle se retrouve bloquée avec seul choix de céder son corps. C’est la pire chose qui puisse arriver à une personne. Les sollicitations commencent dès la première année d’université. Imaginez les craintes pour la jeune fille qui doit y passer cinq ans.

 

Elles ont préféré l’échec plutôt que céder

Manquer une épreuve ou examen est une fâcheuse situation qui compromet la réussite au cours. Malheureusement, pour une raison ou une autre (retard de paiement des frais académiques, maladie ou empêchement familial), cela arrive aux étudiants. Dans ce cas, c’est à la discrétion de l’enseignant de donner une deuxième chance à l’étudiant. Cette situation quand elle arrive à une étudiante, c’est une occasion pour un pervers enseignant de profiter de son autorité et abuser de la situation. C’est cela qu’a vécu Emilia (nom d’emprunt), elle se souvient : « Après avoir manqué son examen, j’ai approché l’enseignant pour demander si je pouvais passer un examen de rattrapage. » ce dernier lui demanda si elle était encore vierge. « Oui », répondit-elle. Et à l’enseignant de lui dire : « Je vais donc être ton premier, le jour de ton examen de rattrapage on ira quelque part pour être intime. »

Emilia n’a jamais passé cet examen, elle avait senti le sous-entendu explicite du professeur et préféra l’éviter plutôt que courir le risque. Elle sait qu’elle ne va pas réussir à ce cours, elle l’assume.

C’est aussi le cas de Gloria qui était secrétaire de sa promotion. Elle se souvient que tout avait commencé par des compliments sur sa beauté, son intelligence, son corps, sa taille etc. puis ce fut des invitations à des restaurants luxueux et à chaque fois elle posait un lapin au professeur. Elle soupçonnait déjà les intentions du professeur. Gloria qui fait les études de médecine, n’a pas réussi à ce cours.

 

Quand on n’a pas d’autre choix que de céder

Si Gloria et Emilia sont des exemples des filles qui ne se sont pas laissées faire, beaucoup sont celles qui succombent au traquenard des enseignants. Elles cèdent par peur, par envie, par amour ou simplement par choix car ayant vu une opportunité de facilement réussir.

Sauf que l’on ne peut pas parler d’un vrai amour ou d’un vrai choix car, dès le départ, le rapport des forces n’est pas le même. L’enseignant a une autorité sur son étudiante. C’est du harcèlement comme reconnu par la loi congolaise dans le code pénal livre 2 en son article 174d :

le harcèlement sexuel est le fait pour une personne d’adopter un comportement persistant envers autrui, se traduisant par des paroles, des gestes soit en lui donnant des ordres ou en proférant des menaces, ou en imposant des contraintes, soit en exerçant des pressions graves, soit en abusant de l’autorité que lui confère ses fonctions en vue d’obtenir des faveurs de nature sexuelle […]

 

Dénoncez, dénoncez, dénoncez

Que faire en cas de harcèlement sexuelle, la seule attitude à adopter c’est de dénoncer l’harceleur. La loi congolaise prévoit jusqu’à 12 ans de prison et une amende de 100 mille francs Congolais.

Les universités ont aussi des mesures prévues par leurs règlements d’ordre intérieur. Mais avant de dénoncer, suivez bien ces étapes : récolter des preuves, en parler au tuteur et aux personnes de confiances qui seront vos témoins, en parler ensuite au supérieur du bourreau puis finir aux cours et tribunaux.

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