garçon entrain de baratiner
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Ce qu’était la drague au Congo avant Facebook et WhatsApp

La drague… c’est le mot des jeunes aujourd’hui. Connaissent-ils le verbe courtiser ? Faire la cour à une fille était ce que les hommes devaient faire avant que les réseaux sociaux n’arrivent. C’était à la fois un art à mener avec délicatesse et un combat à mener tête haute, selon les anciens.

Même si gagner le cœur d’une fille reste un combat, tout comme il l’était dans l’ancien temps. Il n’en reste pas moins que les outils actuels semblent avoir facilité les choses. Nous avons parlé à quelques aîné pour comprendre ce qu’était la drague à leur époque. Comment ils faisaient pour avoir une personne à qui se confier, des bras pour les serrer quand les choses allaient mal ou une épaule où pleurer. Attention, vous allez découvrir des mots qui avaient leur sens selon cette époque congolaise.

La confession, la missive et le poteau

A cette époque, la drague se faisait par confrontation directe. La personne que l’on veut draguer pouvait se trouver seule, si on est chanceux, ou entourée de ses amis. La méthode de drague était différente selon les situations.  Mais on est tous d’accord, c’était une époque spéciale.

Dans le premier cas, on s’approchait de la personne, et on lui déclarait sa flamme avec plus ou moins de tact.  C’est ce que témoigne Daniel, aujourd’hui âgé de 45 ans : « Cette époque était celle des vrais hommes. Courtiser une fille demandait un courage monstre ! Il fallait affronter le regard d’une personne qui ne nous connaissait pas et lui déclarer sa flamme. », il marque une pause, puis poursuit avec un air de fierté : « On appelait ça, la confession ! »

Nonda, chimiste soutient les propos de Daniel en ajoutant : « Draguer relevait de l’art, et le face-à-face était décisif. Il ne fallait laisser transparaître aucune peur, ni aucun manque d’assurance. »

Par contre si la personne se trouvait être entourée de ses amis, les choses se compliquaient et draguer devenait une tâche hardie et cela se faisait par étapes. Nedi a aujourd’hui 50 ans, il raconte : « On s’avançait vers le groupe, on saluait tout le monde avec une certaine habileté pour attirer l’attention de la fille et on s’efforçait de garder la tête haute. », Deuxième étape trouver un subterfuge d’isolement, « on faisait tout pour l’attirer à part et lui déclarer sa flamme. », ajoute-t-il fier et nostalgique.

Mais la drague ne s’arrêtait pas là, qu’on reçoive un non, n’était pas le fin mot de l’histoire, on s’accrochait et on faisait ce qu'on appelle le « poteau ». Attention, me prévient-il, faire le poteau, c’est faire le guet à un endroit qu’on sait fréquenté par la fille dans l’espoir de lui parler quand elle passerait. Par contre faire des poteaux, c'est recevoir des non catégoriques à chaque tentative de drague ! Fallait comprendre cette subtilité !

L’amie de mon ami pourrait devenir mon amour

Nedi poursuit son récit en expliquant une autre approche pour conquérir le cœur d’une femme. C’était l’approche indirecte : « On faisait tout pour être ami à quelqu’un de son entourage, on écrivait des lettres poétiques qu’on appelait des missives et qu’on faisait transmettre à la personne via cette connaissance. »

Mais ce n’est pas tout. Nedi qui est aujourd’hui Pasteur, a retrouvé Dieu sur le chemin de sa drague. « J’avais aussi pour habitude de suivre les conquêtes, jusque dans leurs églises, c’est d’ailleurs comme ça que je suis devenu Pasteur. », déclare-t-il en riant aux éclats.

Les soirées, puis le téléphone : une aubaine.

Faire le poteau et se donner à une confession n’était pas du ressort de tout le monde. Heureusement qu'il y avait les soirées, où l’ambiance avait déjà réveillé les désirs et aiguisé les sens, ce qui rendait les choses plus simples.

Puis le téléphone a révolutionné la drague comme le témoigne Thomas : Dans les soirées, c’était un peu plus facile, tous les prétextes étaient bon pour approchait quelqu’un, les goûts musicaux, la danse, et là les choses se passaient simplement. Si on avait son numéro, on lui écrivait ou on l’appelait. L’éternelle question : « Où as-tu eu mon numéro »  était le principal obstacle à franchir et on s’efforçait de garder son sang froid, une fois les présentations faites, le reste se passait à peu près comme aujourd’hui.

Ils ont de raconté leurs expériences, ils pensent qu’en effet avant l’arrivée de Facebook et Twitter, draguer n’était pas chose aisée, n’hésitez pas à votre tour de partager votre expérience.

 

Comments
Happy kisumba John
lun, 09/16/2019 - 10:45 pm
Pour quoi vous êtes si intéressants Amour Afrique? J'ai eu ma pensée sur ce qu'on a vécu ici 2011 lors de mon entrée à l'école secondaire, une très belle époque pour moi , mais qui semblait être dominé par les <>si je peux le dire , je connais une fille elle fait IBTP butembo,elle avait ma lettre d'amour😄 DIEU m'a aidé, la fille s'est mise d'accord et voulait qu'on se rencontre dans un endroit calme tous deux ,chose que Happy n'a jamais accepté jusque nous nous sommes séparés, et pourtant elle avait des sentiments amoureux pour moi Amour Afrique, pour moi c'était difficile faire la confession, dire sa flamme pour en fin aller conclure l'aventure, un bon vieux temps plus que magnifique!
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